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mercredi 26 avril 2023

Nuit du 25 au 26 Avril 1792, naissance de La Marseillaise.

Rouget de Lisle interprétant le Chant de l'Armée du Rhin.
Tableau d'Isidore Pils de 1849.
 

Préambule

    Dans la nuit du 25 au 26 avril 1792, le capitaine du génie Claude-Joseph Rouget de Lisle, né à Lons-le-Saunier dans le Jura en 1760, compose un chant guerrier, "le Chant de l’Armée du Rhin", qui deviendra peu après "La Marseillaise", l'hymne national des Français.

 

Une goutte de sociologie : Qu'est-ce qu'une nation ? 

    Ne nous y trompons pas, la capacité d’étendre le « nous » au-delà de la horde primitive, familiale puis tribale, a été un progrès pour les descendants de primates que nous sommes. Nos cousins chimpanzés ne sont pas capable de penser leur groupe au-delà de 100 à 150 individus. Tout nouvel arrivant devient un « autre », un « étranger » et il est chassé ou tué. Les êtres humains ont été capables de former des groupes sociaux de plusieurs milliers d’individus puis de plusieurs millions, grâce à des "réalités imaginés" telles que les royaumes, les religions ou les nations.(Cet article vous permettra de mieux comprendre la référence aux chimpanzés.)

    Voilà donc ce qu’est une nation : un groupe important d’êtres humains partageant un minimum de valeurs communes et vivant sous les mêmes lois, dans un espace donné (les limitations de l’espace, souvent arbitraires, permettant principalement de savoir à qui payer les impôts).

    Les nations disposent toutes de certains outils conceptuels aidant à créer du lien, comme les histoires nationales (parfois arrangées en légendes dorées), les drapeaux et bien sûr les hymnes nationaux.

    Ça ne devrait être que cela une nation, mais nos cerveaux de primates, même évolués, sont toujours soumis à certains comportements de domination et encore beaucoup ont du mal à considérer les membres d’autres nations autrement que comme des « autres », des « étrangers »...

    Plus une société est ouverte sur les autres, plus elle progresse. Comme l’a si bien expliqué le sociologue Karl Popper, les Grecs ont été capables de penser la démocratie, grâce à leur ouverture sur le monde résultant de leur expansion commerciale. Les sociétés fermées sont condamnées à l’immobilisme, voire à la régression.

    L’étape suivante sera de penser l’humanité dans sa globalité. Certains y arrivent déjà et se moquent alors parfois des drapeaux et des hymnes nationaux. Mais soyons raisonnables, la civilisation mondiale n’est pas pour demain, alors considérons avec lucidité et bienveillance ces modestes symboles d'unification que sont les drapeaux et les hymnes.

    Après ces quelques précisions, découvrons quelle "nouvelle nation" a donné naissance en 1792 à la « La Marseillaise », l’hymne national des Français. 😉


 

La nouvelle nation française de 1792.

    J'ai pensé qu'il était nécessaire de faire le petit rappel précédent afin que vous puissiez mieux percevoir le côté "nouveau" de La Marseillaise. Car La Marseillaise a elle aussi été victime du révisionnisme historique dont a été victime la Révolution française. Elle a parfois été injustement associée à une forme de nationalisme (ceux qui auraient dû la défendre l'ayant parfois abandonnée à des ennemis de la République) et le sens de ses paroles à été souvent détourné par des gens qui volontairement ou pas, oubliaient le contexte dans lequel elle avait été écrite. 

    Le nationalisme, dans sa forme la plus négative, est une invention du 19ème siècle, pas de la Révolution française, fraternelle et universaliste. L’historien Jean-Paul Bertaud, dans son livre « Valmy, la démocratie en arme » a très bien décrit ce qu’était la nation en 1792, quand la Marseillaise fut créée par Rouget de Lisle :

« En 1792, la Nation est, pour ceux qui y sont attachés, la communauté des hommes libres et égaux, vivant sous des lois qu’ils se sont donnés par l’intermédiaire de leurs députés, de « leurs mandataires ». L’étranger qui vit, travaille et accepte les lois françaises est reconnu comme Français. »

 

    Voici à présent comment est née La Marseillaise et comment elle est devenue l’hymne national de la France.

 

Naissance du Chant de l'Armée du Rhin (qui deviendra la Marseillaise)

    Le 20 avril 1792, l'Assemblée législative à dominance Girondine, a déclaré la guerre au "roi de Bohême et de Hongrie", c'est-à-dire à l'empire d'Autriche, auquel s'alliera en juillet le royaume de Prusse. Louis XVI a approuvé cette guerre car il souhaite une défaite des armées française qui le rétablira sur son trône et nombre de députés pensent que cette guerre sera une occasion de renflouer les caisses vides de l'état (et peut-être leurs poches).

    25 avril 1792, le maire de Strasbourg (officiellement « prêteur royal »), le baron Philippe-Frédéric de Dietrich, lassé d’entendre chantés à tue tête les « ça ira, ça ira ! », et informé des talents de compositeurs du capitaine Claude-Joseph Rouget de Lisle stationné en ville avec son régiment du génie depuis un an, demande à celui-ci d’écrire un chant patriotique. Rouget veut se dérober, mais il cède au maire et aux officiers qui insistent.

Baron Philippe Frédéric Dietrich

    De retour chez lui, Rouget de Lisle se saisit de son son violon et en tire quelques arpèges tandis que les propos échangés la veille lui inspirent les premiers couplets. Il travaille ainsi une bonne partie de la nuit. 

    Le lendemain 26 avril, dès l’aube, il se rend chez le maire, qui, surpris de tant de rapidité, découvre le chant et l’apprécie. Le Baron convoque alors les officiers présents la veille et d’une voix forte de ténor, accompagné au clavecin par son épouse Louise, il commence à chanter : "Allons enfants de la patrie" à la grande satisfaction de tous les présents. C’est cette scène qui est représentée sur le tableau peint en 1849 par Isidore Pils. Le chant est alors baptisé « Chant de l’Armée du Rhin », armée dans laquelle sert le capitaine Rouget de Lisle.

Claude Joseph Rouget de Lisle

    Le Chant de l'Armée du Rhin sera exécuté publiquement sur la place d’Armes de Strasbourg le 29 avril, en présence de huit bataillons alignés pour la revue de départ. Les soldats présents seront galvanisés par ce formidable chant guerrier. 

Place d'Armes de Strasbourg (en 1830)

    Il sera de nouveau exécuté le 14 juillet 1792 (second anniversaire de la fête de la Fédération) au camp de Hoensingue. Il se diffusera alors rapidement en Alsace sous forme manuscrite ou imprimée, avant d’être repris par de nombreux éditeurs parisiens.Très vite, il sera connu de Paris à Marseille ; Marseille où le régiment de fédérés en partance pour la capitale l’adoptera. Ceux-ci l’entonneront lors de la prise des Tuileries à laquelle ils participeront aux côtés des Sans-culottes parisiens le 10 août 1792. Il prendra alors le nom de « Marseillaise ».

Prise du Palais des Tuileries le 10 août 1792

   Contrairement à ce qui est écrit sur de nombreuses sources officielles, la Marseillaise ne sera pas décrétée « chant national » par le Décret du 26 messidor an III (14 juillet 1795), mais, avec d’autres chants civiques « qui ont contribué au succès de la Révolution » le décret impose qu’elle soit exécutée par les corps de musique des gardes nationales et des troupes de ligne ; le Comité militaire étant également chargé de les faire exécuter chaque jour à la garde montante du Palais national.

    Interdite sous l'Empire et la Restauration, la Marseillaise fut remise à l'honneur lors de la Révolution de 1830. Hector Berlioz en élabora alors une orchestration qu'il dédia à Rouget de Lisle. Le roi Louis Philippe lui préféra un autre hymne plus modéré, la Parisienne.

    C’est la IIIe République qui choisira la Marseillaise en 1879 comme hymne national, sans définir d’harmonisation d’officielle pour les orchestres et fanfares. Le ministère de la guerre se chargera en 1887, d’établir une version de références pour éviter la cacophonie.

    En septembre 1944, une circulaire du ministère de l'Éducation nationale préconisera de faire chanter la Marseillaise dans les écoles pour « célébrer notre libération et nos martyrs ». Son caractère d'hymne national sera réaffirmé dans l’article 2 des constitutions de 1946 et de 1958.

    Il existe tant de version ! J'ai choisi presque au hasard cette version, celle d'Hector Berlioz.

 

    Je vous propose également deux extraits de films :

Honneur aux anciens, un extrait du film de Jean Renoir "La Marseillaise" sorti en 1938 :

   Un extrait du film La Révolution française réalisé par Robert Enrico pour le bicentenaire de la Révolution en 1989. On y découvre les volontaires de 1792 montant au front et chantant La Marseillaise :



Souhaitez-vous en savoir encore un peu plus ?

    Une fois n'est pas coutume, je vous propose ci-dessous un beau texte de Christian Marcadet qui a rédigé avec beaucoup d'érudition un livret accompagnant un coffret de 3 CD de chansons de la Révolution française produit par EPM Musique. Vous pouvez vous procurer ledit coffret en cliquant sur l'image ci-dessous : 


 Voici le texte de François Marcadet sur La Marseillaise :
(J'espère qu'il ne m'en voudra pas. Je lui fait de la pub.)

Le chant emblématique

Initialement dénommée Chant de guerre pour l’Armée du Rhin, la Marseillaise est sans doute la meilleure illustration du pouvoir symbolique des chansons de la Révolution et des polémiques suscitées. Depuis deux siècles, l’hymne national français est périodiquement l’objet d’accusations qui reposent sur une argumentation sortie du contexte de l’époque. Rappelons quelques faits : oui, la Marseillaise est bien un chant guerrier, qui a été écrit par un militaire, poète à ses heures, en une seule nuit, quand une situation d’urgence l’exigeait. A cette heure, en avril 1792, la Révolution est aux abois, attaquée de toutes parts : de l’intérieur par des factions réactionnaires et par des royalistes qui souhaitent le retour à l’Ancien régime, mais surtout attaquée de l’extérieur quand la Prusse et l’Autriche menacent de franchir les frontières pour venir au secours de la royauté menacée. Six mois plus tard, la victoire inattendue de Valmy viendra mettre un frein aux ardeurs des monarchies européennes liguées contre la Révolution française. Oui, la Marseillaise est un chant national – et non nationaliste -, dans la mesure où pour les révolutionnaires, la nation c’est le peuple et non des personnes investies de droit divin ou des héros providentiels. Et, en dépit de quelques formulations malheureuses immergées dans un texte de circonstance, il convient de préciser que la Marseillaise est très vite devenue un chant universel, qui exalte les valeurs nouvelles de liberté, d’égalité et de fraternité, qu’aucune nation n’avait revendiquées comme telles jusqu’à ces journées mémorables de 1789.

Désormais, c’est le peuple de France, celui des roturiers au sang impur, qui va verser son sang pour défendre la nation. Et les ennemis de la France, ce sont alors tous les ennemis de la liberté et des idéaux républicains, qu’ils soient de l’intérieur ou de l’extérieur. Plus qu’un territoire, qui résulte des aléas de l’histoire, ce sont des valeurs, toute une philosophie de l’humanité qui est menacée et c’est cette mission émancipatrice que ce chant exalte dans ses couplets.

Certaines modifications sont intervenues depuis ce jour où elle a été chantée pour la première fois dans le salon du maire de Strasbourg : un « marchons » collectif à remplacé le comminatoire « marchez » et, moins heureusement, « féroces (soldats) » a été substitué à « farouches », puis on lui a vite adjoint un 7ème couplet à la paternité disputée (celui dit « des enfants » ; « Nous entrerons dans la carrière... »), mais c’est surtout le traitement musical et l’harmonisation de Gossec qui lui ont donné sa forme définitive, entraînante et glorieuse.

On compte plus d’une centaine de parodies connues de la Marseillaise (combien oubliées?), en Français et dans les langues régionales, sans compter les nombreuses adaptations faites à l’étranger. Les parodies et autres contre-Marseillaises ou chansons qui commentent La Marseillaise ou la citent, toutes d’une certaine façon lui rendent hommage et toujours subsiste en arrière plan la petite musique de la Révolution. Combattue et bâillonnée souvent, reniées ou accaparée parfois, dans un objectif patriotard ou électoraliste, victime de l’oublie à certaines périodes, toujours elle renaît aussitôt que la patrie est en danger. Ainsi, lors des journées de Juillet 1830, lors des heures glorieuses de la Commune, aux jours sombres de l’occupation en France de 1940 à 1944, et tout récemment quand elle est reprise et réactivée par les Français après les attentats qui ont endeuillé la France en 2015 et 2016.

C’est encore elle qui sert d’hymne officiel russe dans les premiers temps de la Révolution bolchevique, d’hymne de substitution au tout début de la Seconde République espagnole en 1931, qui est chantée dans les écoles élémentaires de nombreux pays comme le Brésil et la Chine, qui est jouée dans le Chili socialiste de Salvador Allende, avant le coup d’état de Pinochet, et c’est elle encore qui est brandie place Tian’anmen à Pékin, en 1989. Ce formidable engouement, qui traverse les époques et les frontières, n’est possible que parce que La Marseillaise est devenue le chant symbolique de la liberté, de la fraternité et de l’émancipation des peuples.

« (…) Français ! En guerriers magnanimes

Portez ou retenez vos coups,

Épargnez ces tristes victimes

A regret s’armant contre nous…

Liberté, liberté chérie

Combats avec tes défenseurs... »

 

 

mercredi 21 septembre 2022

Valmy ? Quelques précisions s'imposent.

 Article mis à jour le 21 septembre 2023

Le Duc de Chartres, futur roi Louis-Philippe, et son frère, le Duc de Montpensier, rendent compte de la bataille de Valmy au Maréchal de Rochambeau, près du moulin de Saint-Sauve, le 20 septembre 1792.
Peinture d'Éloi Firmin Féron, ministère de la Défense.

La bataille de Valmy n'est pas vraiment finie.

    Chaque fois que je publie mon article sur Valmy, j'ai droit à un ou deux petits commentaires gentils ou pas, minimisant l'importance de cette première victoire de l'armée révolutionnaire le 20 septembre 1792.

    Cela n'a pas manqué hier, quand quelqu'un m'a dit que cela n'avait été qu'une petite canonnade et que l'issue de la bataille avait été arrangée entre Francs-maçons des deux camps.

"Petite canonnade"

La "petite canonnade, ou le mythe chevaleresque des belles morts.

    Effectivement, Valmy n'a été principalement "qu'une canonnade". Mais vous comprendrez mieux en lisant le texte ci-dessous, pourquoi une victoire par canonnade ne pouvait pas impressionner les contemporains de Valmy. Il est extrait d'un document rédigé par Élise Meyer, intitulé "Valmy, la victoire à contretemps", publié aux Annales historiques de la Révolution française. Le document est contemporain, documenté et critique, ce qui devrait plaire à ceux qui me reprochent parfois l'ancienneté de mes sources. 😉

Extrait du texte :

"Or Valmy n'a été qu'une canonnade. Malgré la modernité de cet affrontement à l'artillerie de plusieurs heures, l'utilisation de cette dernière est peu mise en valeur dans la rhétorique patriotique : la guerre doit être gagnée par des hommes qui ont vécu dans leur chair le combat, qui ont donné des coups et qui en ont reçu. Cela est confirmé par les parades de blessés, ainsi que par la célébration des martyrs ou perçus comme tels, comme Beaurepaire lors la campagne de l'Argonne. Outre la manière dont s'est déroulé l'affrontement, celui-ci n'a de plus occasionné que peu de morts, ce qui ne fait donc guère impression sur les contemporains. Néanmoins, cette mythologie guerrière du combat sanglant à l’arme blanche s’imbrique dans un système idéologique plus large, dont les racines remontent selon Hervé Drévillon aux valeurs issues des romans de chevalerie comme le goût de la prouesse et du coup d’éclat. Le rejet des armes à feu explique selon lui l’irrationnalité de certaines décisions militaires françaises jusqu’à la fin du XIXe siècle, comme le sacrifice inutile des cuirassiers à Reichshoffen en 1870. Au moment de Valmy, le décalage entre les valeurs militaires chevaleresques et le perfectionnement des armes à feu est donc particulièrement perceptible au sein de l’opinion, puisqu’elle ne peut considérer un combat à l’artillerie comme un événement décisif."

Source : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-03628732/document

    Ce texte évoque la charge inutile de Reichshoffen du 6 août 1870. Cela m'a aussi fait penser à la bataille de Rossignol, le 22 août 1914, quand l'état-major envoya mourir inutilement 27.000 soldats français en les faisant archaïquement charger à la baïonnette, en pantalons rouges, devant les modernes mitrailleuses allemandes.

La charge des cuirassiers à Reichshoffen.


    L'armée française a souvent été en retard d'une guerre. A Valmy, ce fut le contraire grâce aux canons de l'ingénieur Gribeauval, les meilleurs canons de l'époque, qui firent souvent la différence sur les champs de batailles révolutionnaires et napoléoniennes.

Canon "Gribeauval"

La légende noire (ou la forgerie en histoire).

    Il faudra un jour prochain que je rédige un article dédié à la construction de la légende noire de la Révolution française. A noter que cette légende noire servit de terreau, ou plutôt de fumier, pour nombre de nos théories complotistes contemporaines, mettant régulièrement en accusation les Francs-Maçons et les Juifs. Mon article du 20 juillet 1789 en donne tout de même un bon aperçu.

    N'oublions pas que ce sont d'abord des historiens royalistes qui les premiers ont écrit sur la Révolution, et ce, dans un esprit de revanche, bien sûr. L'objectif principal était de salir le souvenir de la Révolution. Ils ont vraiment bien travaillé puisque la légende noire qu'ils ont forgée continue de subjuguer les héritiers ingrats de ladite Révolution. Quelques histrions en font même leurs choux gras en faisant pleurer le bon peuple sur les malheurs de l'aristocratie, grâce à de complaisantes émissions de télévisions et de livres mal écrits !

    Autant de raisons pour lesquelles, chaque fois que j'évoque Valmy, quelqu'un me parle soit de Francs-maçons, soit de l'achat de la victoire par Danton avec les bijoux volés de la couronne de France. Je m'attends à ce qu'un jour quelqu'un évoque aussi les Juifs, les Illuminati ou les Reptiliens !

Volontaires en route vers Valmy

Résistance nationale.

    Lorsqu'on lit le tome 2, "Valmy" de la série d'ouvrages concernant "Les guerres de la Révolution" de l'historien du 19ème siècle, Arthur Chuquet, on découvre avec surprise la résistance qu'opposèrent aux Prussiens, les paysans des Ardennes !
    Le jeune prince Charles de Ligne évoqua cette résistance imprévue dans une lettre inachevée que l'on trouva sur lui, après qu'il eut été tué en chargeant une batterie française le 14 septembre 1792.

Lisez l'extrait ci-dessous (page 121) :

(…) Ils laissaient au nombre des morts le prince Charles Joseph - Emmanuel de Ligne. Il avait reçu deux balles en chargeant, lui neuvième, une batterie française de trois canons qui s'était portée trop avant, sans être soutenue par l'infanterie. Il tomba de cheval et rendit l'âme presque aussitôt ". On le fouilla ; on trouva dans sa poche une lettre inachevée qui révélait la triste situation de l'armée des alliés ; elle fut publiée dans le Moniteur. « Nous commençons, disait le prince, à être assez las de cette guerre où Messieurs les émigrés nous promettaient plus de beurre que de pain. Mais nous avons à combattre les troupes de ligne dont aucune ne déserte, les troupes nationales qui restent, tous les paysans qui sont armés ou tirent contre nous ou nous assassinent quand ils trouvent un homme seul ou endormi dans une maison. Le temps, depuis que nous sommes en France, est si détestable que tous les jours il pleut à verse et les chemins sont si impraticables que dans ce moment nous ne pouvons retirer nos canons. De plus, la famine ; nous avons tout le mal imaginable pour que le soldat ait du pain, et la viande manque souvent. Bien des officiers sont cinq, six jours sans trouver à manger chaud ; nos souliers et capotes sont pourris, et nos gens commencent à être malades. Les villages sont déserts, et ne fournissent ni légumes, ni eau-de-vie, ni farines. Je ne sais comment nous ferons et ce que nous deviendrons, Quelquefois on se donne le petit plaisir, comme moi ......»

Source : Arthur Chuquet "Les guerres de la révolution" Tome 2, Valmy, page 121 : https://play.google.com/books/reader?id=aSpLAAAAMAAJ&pg=GBS.PA120&hl=fr

Le prince Charles de Ligne

L'attitude de la noblesse française.

    Le Prince Charles de Ligne était Belge, raison pour laquelle je n'accablerai pas ce jeune homme élevé par son père dans le plaisir de guerroyer. Apprenez que celui-ci s'adonnait également au plaisir de l'estampe. (Lire ce document et regarder ici ses eaux fortes).

    Quant à la noblesse française, tous ses représentants n'avaient pas trahi la France en rejoignant les quelques nobles réfugiés à Coblence. Beaucoup furent même dès le début, d'ardents participants de la Révolution.
Estampe caricaturant les nobles émigrés à Coblence

    Le roi Louis-Philippe, par exemple, garda toujours un souvenir ému de cette "affaire de Valmy" comme on l'appela à l'époque (avant de réaliser l'importance de celle-ci).
    Au cours de cette campagne révolutionnaire de septembre 1792, Louis-Philippe était alors Duc de Chartres et il commandait une brigade de cavalerie composée du 14e et du 47e régiment de dragons. Son jeune frère, le Duc de Montpensier lui servait d'aide de camp.


Le jeune Duc de Chartres, futur roi Louis Philippe

    "Le jeune Louis Philippe d'Orléans, duc de Chartres, calme et bien visible sur son cheval au milieu de la tourmente, prêta son concours aux officiers de ligne pour raffermir et reformer leurs bataillons. Âgé de seulement 19 ans, le rang élevé du duc en tant que commandant de division était dû à son statut de fils du duc d'Orléans, l'un des hommes les plus riches de France et le chef de la branche cadette de la famille royale. "Je n'ai jamais vu un général aussi jeune que vous", déclara Dumouriez lors de leur première rencontre. « Je suis le fils de celui qui vous a nommé colonel et je suis entièrement à votre service », répondit le duc."

Source : https://weaponsandwarfare.com/2018/05/18/louis-philippe-dorleans-duke-of-chartres-at-valmy/

Campement militaire au 18ème siècle


    Parmi tous les régiments présents à Valmy, seuls deux étaient des régiments de volontaires et tous les autres étaient des régiments de la vieille armée de ligne de l'ancien régime. Je vous invite à lire ci-dessous ce qu'expliqua le général Blaise Duval au général prussien Christian Karl August Ludwig von Massenbach, venu parlementer.

"Duval retint Massenbach auprès de lui, pendant qu'une ordonnance allait annoncer au quartier général de Grandpré l'arrivée d'un parlementaire. Il causait sur un ton à la fois digne et familier. « Les alliés, dit-il au major, font une folie en intervenant dans les affaires intérieures de la France. Ils n'en ont pas le droit et ils supporteront les conséquences de la lutte qu'ils ont imprudemment engagée sur la foi des présomptueux émigrés. Vous croyez, Monsieur, arriver à Paris : mais moi qui sers depuis quarante-cinq ans, moi qui ai médité sur la guerre, je sais que vous n'irez pas à Paris, tout comme Charles XII n'est pas allé à Moscou. Nous connaissons la force de vos armées et la faiblesse de vos ressources. Vous trouverez quelque part votre Pultava (Défaite du roi de Suède Charles XII devant Poltava en 1709). Alors vous penserez à moi... Comment le roi de Prusse a-t-il pu s'unir à cette perfide Autriche contre une nation dont il est l'allié naturel ? Vous ne pourrez faire en France la contre-révolution, vous rendrez seulement la révolution plus forte et plus puissante. Ne comptez pas que notre armée se range sous vos drapeaux. Nous autres, nous sommes de vrais Français et nous méprisons Lafayette. Ne vous fiez pas aux promesses des émigrés. Ils ont pour la plupart passé leur jeunesse dans les orgies de la cour et les voluptés de la capitale ; ils n'ont ni vertu ni énergie : ils ne connaissent ni l'armée ni le peuple. Si c'étaient des gens de cœur et d'esprit, ils seraient restés dans leur patrie, ils n'auraient pas abandonné au jour du danger et leur poste et leur roi. Je fais des exceptions ; il y a parmi les émigrés des hommes d'honneur, entraînés par la masse et qui rentreront bientôt dans leur pays... On vous a dit, ajoutait Duval, qu'il n'y avait plus de généraux en France, qu'on avait dû donner les commandements aux premiers venus ; mais, Monsieur, n'êtes-vous pas étonné de voir mes cheveux blancs ? Il y a dans notre armée beaucoup d'officiers qui en sont à leur troisième ou quatrième guerre et qui ont quitté leur famille pour défendre la liberté. Savez-vous que Dumouriez était maréchal de camp avant la Révolution ? » (Cette conversation est authentique ; cp . Massenbach, Mémoires, I ,64). Duval se doutait que ses paroles seraient fidèlement rapportées au camp prussien. Il voyait son interlocuteur très attentif, car, dit Massenbach (dans ses mémoires), je devais écouter et je n'étais pas venu pour m'engager dans une polémique et convertir mon homme. Duval parla donc des renforts considérables qu'on attendait, de Beurnonville qui devait arriver le jour suivant, de Kellermann qui n'était qu'à deux marches de Grandpré. La conversation se poursuivit jusqu'à dix heures du soir. Massenbach apprit alors que Dumouriez n'était pas à Grandpré et qu'il ne pourrait le voir ni ce jour-là ni le lendemain. Il prit congé de Duval. Lefort l'accompagna jusqu'au bord de l'Aire, et l'assura que Dumouriez n'imiterait pas Lafayette et qu'« il n'était pas question d'un second Coriolan ». Le major savait désormais qu'il existait une armée française digne de ce nom. Tous les officiers qu'il avait vus dans le camp de Duval, avaient bon air et belle tournure ; j'eus dès lors, écrit - il, une favorable opinion de ces troupes qu'on nous représentait si misérables".


Source : Arthur Chuquet "Les guerres de la révolution" Tome 2, Valmy, page 131 : https://play.google.com/books/reader?id=aSpLAAAAMAAJ&pg=GBS.PA130&hl=fr

    Apprenez pour info, que Dumouriez finit par trahir lui aussi, comme Lafayette.

    Ce texte donne une image différente de l'armée révolutionnaire, au sein de laquelle de vieux soldats de l'ancien régime, y compris des nobles, étaient avant tout fidèles à la France.


Conclusion (provisoire) 😉

    Valmy n'a pas fini de faire parler. Cet événement constitue presque en France une ligne de démarcation politique entre les républicains et leurs adversaires.

    Il y aurait donc encore beaucoup à dire sur Valmy. Je crois vous avoir donné quelques pistes de lectures.


Merci pour votre lecture

Bertrand Tièche, alias le Citoyen Basset.



Post Scriptum :

    Pour revenir, avec humour, sur les théories du complot, voici le diagramme ci-dessous, produit par les abrutis de Q-Anon. Il vous aidera à comprendre tout ce que l'on vous cache, y compris c'est certain, sur la "French revolution"
Plein d'autres diagrammes explicatifs débiles sur ce lien :
https://throughthelookingglassnews.wordpress.com/2017/11/24/q-anon-learn-to-read-the-map/

dimanche 17 juillet 2022

17 Juillet 1791 : La fusillade du Champs de Mars.

 

Dimanche 17 juillet 1789

    Pour évoquer cette terrible journée du 17 juillet 1791, je vous propose un article court, quelques estampes et surtout une vidéo.

Une conséquence de la fuite du roi

    Le 13 juillet 1791, François Muguet de Nanthou, rapporteur de l'enquête ouverte sur l'affaire de Varennes, avait conclu que le "voyage" du roi n'avait rien de coupable et que le roi était protégé par son inviolabilité constitutionnelle. On prétendit même que le roi avait été enlevé ! Et mieux encore, la pension attribuée au roi fut augmentée ! Cette conclusion qui rétablissait Louis XVI de plein droit sur le trône, fit l’objet d’un décret de l'Assemblée qui suscita de vives protestations.

    Selon les versions, vous lirez que le club des Jacobins décida d’une pétition ayant pour objet le report de ce décret, qui serait portée le dimanche suivant au Champ de Mars, où chaque citoyen pourrait la signer sur l'autel de la patrie ; ou alors vous lirez que cette pétition rédigée par des membres des sections des clubs des Cordeliers et des Jacobins avait pour objet de demander la déchéance du roi.

22 juin 1791, arrestation de la famille royale à Varennes.

 

25 juin 1791, retour à Paris de la famille royale

 

L'autel de la Patrie

    Ce dimanche 17 juin 1791, un grand nombre de Parisiens se rendent donc pacifiquement au Champs de Mars pour signer cette pétition sur l'autel de la Patrie. Il s'agit précisément de l'autel sur lequel avait été donnée la grande messe, le 14 juillet 1790, en présence du roi et de milliers de Français venus de tout le royaume, lors de la mémorable grande fête de la Fédération des Français. Le Champs de Mars avait d'ailleurs été aménagé spécialement pour cette occasion grâce au travail de milliers de Parisiens.

    Voici une représentation de l'autel extraite de l'estampe représentant le plan du Champs de Mars, que vous trouverez ci-dessous également.


Plan du Champs de Mars

Parisiens participants à l'aménagement du Champs de Mars en 1790

La loi martiale est proclamée.

    Mandaté par l'Assemblée nationale pour réprimer de tels "désordres", Jean-Sylvain Bailly se rend au Champ-de-Mars, accompagné de plusieurs officiers municipaux et d'un détachement important de la Garde nationale commandée par La Fayette.

    Bailly fait déployer le drapeau rouge, signe que la loi martiale est proclamée et les trois sommations d'usage sont adressées aux manifestants. Ceux-ci répondent par des jets de pierres ; un coup de feu est tiré, sur le maire de Paris ou sur La Fayette.

Solidaires depuis 1789, La Fayette et Bailly.

Le massacre du Champs de Mars

    La Fayette fait tirer quelques coups en l'air "Au-dessus des têtes". Mais cette sommation indigne les manifestants et fait redoubler leur colère. La Garde nationale ouvre alors le feu. Une centaine de manifestants, hommes, femmes et enfants tombent à terre, morts ou blessés. Quelques officiers voudraient même employer l'artillerie. La Fayette s'y oppose avec force. Il aurait même dit-on poussé résolument son cheval devant la bouche des canons.

La panique saisit la foule et les manifestants s'enfuient affolés dans les rues de Paris. 


 

    Cet événement tragique constituera un pas de plus vers l’idée de la République, les gens prenant peu à peu conscience de l'inutilité du roi, de ses trahisons et de la complicité du pouvoir en place

Rappelons que les manifestants ne faisaient que signer une pétition...

La vidéo !

    Il est de souvent de bon ton de critiquer les reconstitutions cinématographiques d'événements historiques. Mais j'espère que vous reconnaîtrez avec moi, après avoir lu l'article ci-dessus et regardé cet extrait du film « La Révolution française » de Robert Enrico et Richard T. Heffron, (sorti pour le bicentenaire en 1989), que la restitution est plutôt fidèle aussi bien aux estampes de l'époque, qu'au récit.



Post Scriptum :

    Vous avez vu plus haut une estampe comparant la famille royale à des cochons fuyards ramenés à l'étables. Comprenez que de plus en plus de gens commençaient à se demander à quoi leur servait ce roi qu'ils continuaient d'engraisser comme un cochon et qui les avait trahis déjà plusieurs fois.
    Souvenez-vous de la lettre de Louis XVI à son cousin le roi d'Espagne, le 12 octobre 1789. Dès le début de la Révolution, Louis XVI a joué un double jeu.

    L'estampe ci-dessous donne une bonne idée du constat de l'inutilité du roi et de la question de son avenir...

"Je me suis ruiné pour l'engraisser. La fin du compte, je ne sais plus qu'en faire."

Cadeau bonus !

    J'ai trouvé les deux belles illustrations ci-dessous sur la page Facebook du groupe "French Revolution Enthusiasts". Ce groupe enthousiastes est une vraie mine d'or !



lundi 30 août 2021

18 Juin 1774 : Louis XVI, premier "vacciné" de France !

 

Le jeune Louis XVI

Avertissements :

1/ J'ai trouvé utile de rédiger cet article, à la suite des commentaires affligeants qui ont suivi la publication sur Facebook le 21 Août dernier, de mon article qui donnait la définition de la liberté retenue par les députés de l'Assemblée constituante. J'avais cru nécessaire de rappeler ce qu'impliquait la liberté dans le cadre d'un contrat social, c'est-à-dire lorsque l'on vit en société, et le devoir de chaque citoyen envers les autres.

2/ La variole ou petite vérole fut une maladie si horrible que je n'ai pas souhaité insérer dans cet article des exemples des ravages qu'elle faisait sur le visage et le corps de ses victimes. 

3/ Malgré la gravité du sujet et la véracité absolue des faits rapportés dans cet article, vous décèlerez peut-être quelques traces d'humour sarcastique vers la fin. Je n'y peux rien, je suis ainsi. Ardent défenseur des lumières, le retour de l'obscurantisme me terrifie.


L'inoculation eut lieu le 18 Juin 1774

    Louis XVI était roi de France depuis seulement un mois et demi. À la suite de la mort de son grand-père, Louis XV, le 10 mai 1774, après une longue agonie, de la variole, déclarée le 26 avril à Marly, la décision avait été prise d’inoculer au jeune roi la petite vérole, c’est-à-dire la variole. L'inoculation eu lieu le 18 juin 1774. Pour avoir une chance de protéger la famille royale, il fallait une couverture immunitaire large. L’inoculation concerna donc les deux frères du roi, Monsieur – le comte de Provence, futur Louis XVIII – et le comte d’Artois – futur Charles X –, ainsi que la comtesse d’Artois. Marie-Antoinette en fut exemptée puisqu'elle avait déjà été inoculée dès 1768 sur ordre de sa mère, l’impératrice-reine Marie-Thérèse.

Bulletin de santé du roi et de ses frères
et sœur en date du 24 Juin 1774
Source : Big Royal Pharma


Extrait de la correspondance entre Marie-Thérèse d'Autriche et sa fille Marie-Antoinette après l'inoculation.

De Marie-Thérèse à Marie-Antoinette

Schönbrunn, le 1er juillet. Madame ma chère fille, Vous pouvez vous imaginer mes inquiétudes sur la situation du roi. Autant que je suis pour l'inoculation, qui m'a conservé trois fils et six petits-enfants, autant je suis en peine que dans le plus fort des chaleurs et sur les trois frères en même temps on l'entreprend. Dieu en soit loué que vous n'ayez rien contribué à la décision, quoique la plupart des lettres vous l'attribuent ; que vous en étiez enchantée, c'est à sa place ; mais je crains bien que vos inquiétudes auront été des plus grandes. Autant que cette résolution fait honneur au caractère personnel du roi, autant elle fait trembler pour des jours si précieux, qui promettent à la France, à l'Europe un prince dont on attend le bonheur universel.

De Marie-Antoinette à Marie-Thérèse

Marly, le 10 juillet. Madame ma très-chère mère, L'inoculation est entièrement finie ; le roi n'a souffert véritablement que pendant la fièvre, qui l'a fatigué et un peu accablé deux jours. Il sera purgé demain ; je compte que les médecins feront un procès-verbal sur tout ce qui s'est passé. Je l'enverrai à ma chère maman aussitôt qu'il sera fait. Mes frères et ma sœur sont également hors de toute crainte.

Suivent quelques lignes de la main du roi : Je vous assure aussi avec ma femme, ma chère maman, que je suis très bien rétabli de mon inoculation et que j'ai très peu souffert. Je vous demanderais la permission de vous embrasser si mon visage était plus propre. 

Une idée venue de la  Chine

    L'idée de l'inoculation, comme tant d'autres grandes découvertes, nous est venue de Chine. C'est probablement au IXe siècle, que des médecins chinois commencèrent à inoculer. Autrement dit à administrer le virus de la variole amoindri pour déclencher une réponse immunitaire et protéger de la maladie. La variole, appelée autrefois la petite vérole était une maladie terrible qui vous tuait le plus souvent ou vous laissait défiguré.

La Chine du Moyen-Age, un âge d'or.
Source Big Chinese Pharma

    Ayant remarqué qu’on n’attrapait jamais deux fois la variole, les médecins chinois prenaient une personne moins malade que les autres, prélevaient un peu de pus et le glissaient dans le nez du patient. Parvenue en Inde, la méthode des Chinois fit son entrée en Europe par l’empire Ottoman. C’est à Constantinople que Lady Montaigu, noble dame anglaise, découvrit la méthode et décida d’inoculer son fils et sa fille, qui survécurent. Les médecins s’y intéressèrent et se déchirent entre pour et contre (étonnant, non ?). 

Lady Mary Wortley Montagu et son fils Edward
Peints par Jean-Baptiste Vanmour

    Bien que passionné par les sciences, Louis XVI c'était longtemps refusé à l'idée d'être inoculé, mais la mort de son grand-père l'avait fait changer d'avis. Raison pour laquelle il avait décidé de se faire inoculer au plus vite. On choisit une jeune blanchisseuse parisienne, de mœurs irréprochables, pour prélever le pus nécessaire à la vaccination du roi mais aussi de ses frères. La France retient son souffle. Le risque paraissait immense puisque, si ces trois-là mouraient de la variole, la France se retrouverait sans autre hériter qu’un enfant de 3 ans, le fils du frère cadet du roi, puisque Louis XVI n’a pas encore d’enfants. Fort heureusement l'opération fut un succès. Elle fut fêtée, notamment par des coiffures extravagantes dites « à l’inoculation ». 

Peinture de Paul Manceau (19ème siècle)

    Les Français douteront encore longtemps des bienfaits de la vaccination. Notamment les religieux, considérant le vaccin comme contre nature. La vaccination contre la variole ne se répandra enfin à grande échelle qu’au XIXe siècle. De nos jours, grâce au vaccin, la variole n’existe plus.

Sources (Big Pharma) :

https://histoire-image.org/fr/etudes/louis-xvi-inoculation-variole-quatre-bulletins-sante-royaux-24-25-26-29-juin-1774

https://www.reddit.com/r/france/comments/obhqui/1774_marieantoinette_sa_m%C3%A8re_marieth%C3%A9r%C3%A8se/

https://www.francebleu.fr/emissions/ils-ont-fait-l-histoire/louis-xvi-se-fait-vacciner-et-ne-meurt-pas-a-la-grande-surprise-des-francais 

https://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/35109-Variole-oui-photographie-choc-attestant-bienfaits-vaccin-vraie



Post Scriptum :

    Grâce à la rédaction de cet article de commande, les laboratoires m'ont offert, outre une valise pleine d'assignats, plusieurs caisses contenant des petites pilules bleues dont j'ignore la composition, mais dont les effets secondaires présentent un certain intérêt. (Humour).