lundi 25 mai 2026

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Bienvenue sur ce site consacré à la Révolution française.

Mode d'emploi

    Vous trouverez sur la droite, le Menu qui vous mènera vers les archives du site et vers les différentes rubriques dans lesquelles se trouvent classés les articles

    À noter que dans lesdites archives, les articles concernant l'année 1789 se trouvent dans les archives de 2020. Mais vous comprendrez vite le principe! 😉 Il y a aussi une fonction "recherche", mais celle-ci vous conduit d'abord aux articles les plus récents. Il ne faut donc pas hésiter à poursuivre la recherche en cliquant sur "Articles plus anciens".

(Tout cela n'est pas très sexy, car je suis contraint par l'environnement de l'outil "Blogger" de Google. Mais j'ai déjà perdu un site entier réalisé sur plusieurs années avec un logiciel CMS, à cause de pirates. Dans l'environnement de Google, c'est impossible.)

    Sinon, vous pouvez aussi cliquer sur le bouton ci-dessous pour commencer par le mois de juillet 1789 ! En bas de chaque article, des flèches devraient vous conduire à l'article suivant (ainsi qu'au précédent).

Philosophie du site

    Ce site ne fait l'apologie d'aucun courant particulier de la Révolution et n'idolâtre aucun de ses personnages. Je suis de sensibilité républicaine, mais ce qui me préoccupe le plus dans la vie, c'est ce qui rassemble et non-pas ce qui divise, et pour rassembler, il faut comprendre.

    J'ai fait mienne depuis longtemps cette citation de Spinoza :"Ne pas se moquer, ne pas déplorer, ne pas détester, mais comprendre." J'avoue que c'est parfois difficile de ne pas se laisser emporter par les passions ; surtout en cette époque de grande crise que nous traversons ! La connaissance de l'histoire est bien sûr essentielle pour comprendre le présent. Mais il faut aussi être conscient de la façon dont celle-ci est écrite et comprise. Bien souvent il y a autant de versions d'un événement qu'il y a de témoins, et pire, il y autant de compréhensions du témoignage qu'il y a de lecteurs !

    C’est ma passion pour la philosophie qui m’a conduit à m'intéresser plus particulièrement au XVIIIe siècle, jusqu'à progressivement me retrouver face à ce monument incontournable que représente la Révolution française. Ayant reçu une éducation laïque et républicaine, j’étais également sensible aux valeurs politiques qui naquirent durant cette très courte période de l’histoire. Cet événement extraordinaire n’a pas duré longtemps, mais j'ai été surpris de constater comment lors de ce bref moment de l'histoire, si peu de gens, avec si peu de moyens ont pu inventer tant de concepts nouveaux qui ont profité ensuite à toute l’humanité.

    Le philosophe Emmanuel Kant fut l’un des premiers à comprendre ce phénomène historique, lorsqu’il écrivit en 1798 :

"Même si le but visé par cet événement n’était pas encore aujourd’hui atteint, quand bien même la révolution ou la réforme de la constitution d’un peuple aurait finalement échoué, ou bien si, passé un certain laps de temps, tout retombait dans l’ornière précédente (comme le prédisent maintenant certains politiques), cette prophétie philosophique n’en perd pourtant rien de sa force. Car cet événement est trop important, trop mêlé aux intérêts de l’humanité, et d’une influence trop vaste sur toutes les parties du monde pour ne pas devoir être remis en mémoire aux peuples à l’occasion de certaines circonstances favorables et rappelé lors de la reprise de nouvelles tentatives de ce genre. " (…) "Dès le début, la Révolution française ne fut pas l’affaire des seuls Français."

(Emmanuel Kant - Le Conflit des Facultés et autres textes sur la révolution)

Mon travail

    Il y a quelques années, j’eus l’occasion d’entrer dans une association de reconstitution historique qui avait pour but de mieux faire connaître aux gens la Révolution française. Je partageais l’inquiétude des fondateurs de cette association qui étaient consternés d’entendre le discours calomniateur et révisionniste concernant la Révolution, qui prenait de plus en plus d’ampleur dans les médias et ailleurs. Ce fut pour moi une expérience enrichissante.

    A l’occasion d’une émission de télé pour laquelle nous devions faire de la figuration, j’eus l’idée d’incarner un artisan parisien de l’époque, un graveur et fabriquant d’estampes qui avait réellement existé, le citoyen Basset. (Un article lui est consacré)

Basset à droit sur la photo

    Par la suite, au cours de nos sorties, ce personnage me servit pour raconter toute la Révolution en n'utilisant que des copies des estampes de l’époque, que j’exposais dans une échoppe. Notre sortie la plus mémorable eut lieu lorsque la ville de Moscou nous invita à un grand festival de reconstitution historique à l’occasion de la fête nationale de la Fédération de Russie, en juin 2017. (Désolé, mais à l'époque nous n'étions pas en guerre contre les Russes et ceux-ci adoraient vraiment la France).

Basset sur la Place Rouge de Moscou

    Cette association n’existe plus. Mais j’ai continué seul de mon côté, avec mon personnage du citoyen Basset. Un de mes meilleurs souvenirs est celui où je fus invité deux fois dans un collège de Créteil par une professeure d’histoire, pour raconter aux élèves, en costume et avec mes estampes, la Révolution française. (Je suis toujours disponible pour ce genre de prestation, si cela vous intéresse).

Basset raconte la Révolution aux collégiens de Créteil

    La retraite venue, j’ai eu l’idée de créer ce site, dans lequel je projetais de réaliser une chronique au jour le jour de la Révolution. Je disposais de "suffisamment" de livres et de documents chez moi (y compris d'époque) et j’avais créé quelques années auparavant au fil de mes lectures sur un tableur, une chronologie de tous les événements qui allait me servir de trame, de plus mon ordi stockait des centaines d'estampes et de documents précieux !

    Ne voulant pas faire du simple copier-coller, je me suis retrouvé à consacrer de nombreux jours de travail pour la rédaction de certains articles ! De plus, j'écrivais souvent plusieurs articles pour une même journée de 1789 (tant il se passait de choses en une journée !). C’est la raison pour laquelle, en novembre 2020, je me suis rendu compte que je ne pouvais plus continuer au même rythme. J'ai donc décidé de compléter entièrement l’année 1789 et de ne passer à 1790 qu’un peu plus tard...

    A ce jour, il y a plus de 370 articles publiés sur le site, et plus de 30 en cours de rédaction.

Basset au travail !

    Certains articles traitent de thèmes généraux tels que le pain, la misère, la violence ou la mode ! Il y en a même un sur l'incontournable Marie-Antoinette

    L'un des articles entrant dans cette catégorie spéciale, vous permettra de comprendre pourquoi j'aime tant la devise de Spinoza déjà citée plus haut "Ne pas se moquer, ne pas déplorer, ne pas détester, mais comprendre". Le titre de cet article est un peu farfelu : "L'histoire, la vérité, le bien, le mal, et toutes ces sortes de choses très relatives".

    L'historiographie dominante considère que la Révolution de 1789 fut une révolution bourgeoise. Vous découvrirez très vite en lisant ma chronique de 1789 qu'il n'en fut rien. Ce ne sont pas des bourgeois qui incendièrent des centaines de châteaux partout en France durant la Grande peur de l'été 1789 ! (Lire également cet article). 

    Vous verrez également que bien souvent je m'efface devant le texte d'époque, dont je donne toujours la source. Je m'efforce même de mettre à votre disposition les documents originaux via des fenêtres dans mes articles.

Conclusion.

    Ma principale préoccupation est de comprendre et non-pas de juger. Raison pour laquelle, je peux comprendre aussi bien un royaliste qu'un républicain. Lorsque l'on prend la peine de s'intéresser à quelqu'un (sa vie, son milieu socio-culturel, etc.), on réalise la plupart du temps qu'il ne pourrait pas penser autre chose que ce qu'il pense...

    Rien de ce qui est humain ne m'est étranger. Je suis un humaniste et un universaliste convaincu. Le hasard de ma naissance a fait de moi un citoyen français, mais le monde est ma patrie.

    Et surtout, sachez que je ne vous dit pas quoi penser. Je me contente seulement de vous donner de quoi penser. 

    J'espère que vous prendrez plaisir à lire mes articles, et d'avance, je vous en remercie.

    Salut et Fraternité, comme on disait en 1792 ! (Vivement que ma chronologie atteigne cette année, celle de la seconde Révolution.)

 

Bertrand Tièche, alias le Citoyen Basset.


dimanche 24 mai 2026

« Ici on s’honore du titre de Citoyen. » (Billet d'humeur)

Estampe datée de 1792/1793
 

Nota : Afin de respecter la chronologie de l'année 1789, les nouveaux articles sont encore publiés dans l'année 2020 (menu de droite). Je pense donc utile de publier quelques articles référencés en 2026 pour ne pas donner l'impression que le site est abandonné. 😊

    Celui-ci, je l'avoue, est une sorte de billet d'humeur, motivé par la tourneur inquiétante que prend l'actualité et inspiré par la citation ci-dessous :

"Si tu es neutre en situation d'injustice, alors tu as choisi d'être du côté de l'oppresseur". (Desmond Tutu, Prix Nobel de la Paix 1984.)

    Le pays va mal, on ne peut nier cela. Le pire se profile à l'horizon. Comme a l'accoutumé, le mal a poussé sur le terreau de l'ignorance ; une ignorance soigneusement entretenue.

Voici donc un modeste article traitant du mot citoyen... 

    Aujourd’hui, le mot citoyen embarrasse. Il date un peu. Après des décennies de réécriture de l’histoire de la Révolution française dans tous les médias par des histrions sans vergogne et des historiens aux ordres, tout ce qui fait penser à celle-ci "embarrasse". Les mémoires ont été soigneusement vidées, à des fins politiques, bien évidemment.

    Les gens ont oublié qu’avant de devenir citoyens en 1789, les Français étaient des "sujets" du roi. C’est-à-dire qu’ils "étaient soumis à une autorité souveraine", comme le dit le dictionnaire Le Robert ; ils étaient assujettis. En aucun cas le substantif "sujet" n'est synonyme de celui de "citoyen". Certains de ces sujets de 1789 étaient même encore des "serfs". C’est-à-dire qu’ils étaient asservis. (En 1789, la France comptait encore 1.500.000 serfs, principalement dans les régions de Bourgogne, Franche Conté et Nivernais.)

    Les gens ont oublié pourquoi le 14 juillet 1789 avait été précédé de plus de 900 émeutes de la faim depuis le début de l’année 1788.

    Les gens ont oublié la première République, avec sa constitution du 24 juin 1793 (1) qui accordait le suffrage universel (masculin) pour la première fois de l’histoire de France ; sa constitution étonnante qui accordait aussi « le droit de vote aux étrangers âgés de vingt et un ans accomplis, domiciliés en France depuis une année, y vivant de leur travail, ou y ayant acquis une propriété, ou épousé une Française, ou adopté un enfant, ou nourri un vieillard, ou ayant été jugés par le Corps législatif avoir bien mérité de l’humanité. »

    Les gens ont oublié ce qu’était la Nation voulue par cette première République : Une communauté d’hommes libres et égaux vivant sous des lois qu’ils se sont données par l’intermédiaire de leurs députés. Une nation souveraine mais ouverte à tous les hommes. La nationalité venant du sol et non du sang. La maladie des nationalismes coloniaux au 19ème siècle a corrompu l'idée de la Nation.

    Ce nouveau contrat social généreux et universel qu’était alors la Nation de la première République, n’avait rien à voir avec la nation nauséabonde et haineuse défendue aujourd’hui par le RN et les républicains d’opérette qui nous gouvernent. Le RN (2), cet héritier des pires ennemis de la République, salit nos couleurs lorsque ses membres ivres de ressentiment et de haine, agitent le drapeau français.

    Les banquets du Canon français qui se veulent une représentation de la France éternelle, ne rassemblent que des idiots déguisés en franchouillards pétainistes. En aucune façon ces gens ne représentent la diversité de nos régions de France. Depuis la nuit des temps, la France, cette sorte de terminus adossé à l’océan du vaste continent eurasien, a rassemblé des peuples venant de partout. Même le nom "France", vient du nom des envahisseurs Francs ! Et le terme de gaulois a été attribué par Jules César pour désigner les centaines de nations celtiques recouvrant la zone de ses conquêtes !

    Pendant que ces racistes avinés beuglent « les lacs du Connemara » dans leurs banquets financés par l’extrême droite, leurs maîtres fomentent la guerre civile revancharde dont ils rêvent depuis plus de 230 ans.

    Carl Popper a bien défini dans son ouvrage majeur « La société ouverte et ses ennemis » (3) quel était le pire danger qui menaçait la démocratie : C’est le retour à une société fermée, tribale, raciste et haineuse. La démocratie est née dans une Grèce qui, s’étant ouverte au monde par le commerce et les voyages, avait découvert des valeurs communes chez d’autres peuples. La pensée universaliste est une sœur de la démocratie. C’est Socrate, le premier qui a pensé le cosmopolitisme ; il se disait citoyen du monde. (4)

    Les frontières sont une invention tardive dans l’histoire de l’humanité. Elles ont été inventées par des conquérants pour mieux parquer les peuples qu’ils dominaient. La seule chose qui change vraiment, d’un côté de la frontière à l’autre, c’est à qui on paye des impôts.

    Ne soyez donc ni des sujets ni des serfs, mais des citoyens, et si possible, si votre cœur est assez grand, si vous vous sentez capables de reconnaître chez les autres ce que vous partagez avec eux au lieu de ce qui vous différencie, soyez des citoyens du monde. L'alternative, c'est la guerre de tous contre tous.

Salut et Fraternité, comme on disait sous la première République !

 

Bertrand Tièche 

 

(1) Constitution de 1793 :
https://www.elysee.fr/la-presidence/la-constitution-du-24-juin-1793

(2) RN, le côté hideux de la France :
https://www.revolutionfrancaise.website/2024/06/rn-le-cote-hideux-de-la-france.html

(3) Carl Popper "La société ouverte et ses ennemis" :
https://journaldeslibertes.fr/article/la-societe-ouverte-et-ses-ennemis-de-karl-popper/

(4) cosmopolitisme antique : 
https://gallica.bnf.fr/accueil/fr/html/le-cosmopolitisme-une-antique-doctrine