Danton (en haut), Marat (à gauche) & Bailly (à droite)
Danton protège Marat
Le 13 décembre 1789, Georges Danton, président du district des Cordeliers, invalide les mandats d’arrêt contre Jean Paul Marat, émis par le maire de Paris et président de la Commune, Sylvain Bailly.
Le district des Cordeliers utilise alors sa force armée locale pour interdire l’accès des envoyés du tribunal du Châtelet venus arrêter Marat. En effet, le bataillon militaire du district des Cordeliers obéit plus à ses dirigeants de quartier qu'au chef de la garde nationale parisienne, le général La Fayette.
![]() |
| Le district des Cordeliers, en rouge sur la carte des 60 districts. |
Bailly, assisté de La Fayette tente de maintenir l’ordre à Paris en muselant la frange radicale de la presse dont Marat est l’un des plus virulents représentants. Mais la plupart des 60 districts parisiens défendent une liberté d'expression totale et ils s’opposent au pouvoir municipal modéré et à ses tentatives de censures.

Bailly La Fayette, l'homme à deux têtes.
Le district des Cordeliers est le plus radical de tous. Il constitue une société politique ultra-démocratique qui recrute sans distinction de fortune. Ses membres considèrent que leur pouvoir émane directement des citoyens du quartier. Ils rejettent les ordres de la Commune s’ils vont à l’encontre de leurs propres décisions. Les Cordeliers protègent les imprimeries clandestines et restituent le matériel saisi par la mairie. Ce quartier devient même une sorte de zone franche où les révolutionnaires traqués viennent trouver refuge.
![]() |
| Couvent des Cordeliers en 1789 |
Des Cordeliers promis à un turbulent avenir.
En mai 1790, l'Assemblée constituante supprimera les 60 districts de Paris pour les remplacer par 48 sections. Le secteur des Cordeliers sera fusionné avec des zones voisines pour former la Section du Théâtre-Français (qui sera plus tard renommée Section de Marat). Cette réforme administrative visera explicitement à briser l'autonomie et le radicalisme du district des Cordeliers qui sera dissout en tant qu’entité.
Mais Danton et ses amis, informés, ou sentant cette réforme arriver avaient fondé en avril 1790 la Société des Droits de l'Homme et du Citoyen, plus connue sous le nom de Club des Cordeliers. En devenant alors un club politique privé, la structure échappait ainsi aux règles administratives de la mairie.
Le club conservera bien sûr la même idéologie ultraradicale, les mêmes dirigeants (Danton, Marat, Desmoulins) et les mêmes presses.
Bailly et La Fayette, représentants d’un gouvernement municipal se voulant modéré, ne parvinrent dons pas à calmer le quartier ; la nouvelle Section du Théâtre-Français resta la plus contestataire de Paris. Ouverte aux citoyens "passifs" (contrairement à l'administration officielle réservée aux riches), le Club des Cordeliers accueillera les pauvres, augmentant sa force de frappe populaire lors des futures insurrections de 1792 et 1793…
.jpg)



Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Je vous remercie pour ce commentaire.
Bien cordialement
Bertrand