samedi 11 juillet 2020

11 Juillet 1789, Erreur (fatale) de Louis XVI, il renvoie Necker !


 Ce 11 Juillet 1789, Louis XVI commet l'erreur (fatale, on le verra) de renvoyer Jacques Necker, qui était son principal ministre d’État depuis le rappel de celui-ci aux affaires, le 25 août 1788.

Ce faisant, le Roi agit sous la pression de la partie la plus conservatrice de la noblesse, celle qui constitue l’entourage de Marie-Antoinette. Le conseiller de celle-ci, Louis Charles Auguste Le Tonnelier, baron de Breteuil, accuse Necker de faiblesse et veut recourir à la force, pour rétablir l’autorité du roi, et surtout la monarchie absolue, remplacée la veille par la monarchie constitutionnelle, tant désirée par le Tiers Etat. 

« Donnez-moi trois jours et, en trois jours, avec la force armée, je suis capable de remettre les choses en ordre. » affirme haut et fort Breteuil.


J'ai trouvé pour vous cet extrait du film "La Révolution Française, les années lumière" (Robert Enrico 1989) qui illustre on ne peut mieux la situation.



Un mot sur Necker,

    Nommé une première fois par le roi en 1776, directeur général du Trésor royal puis des Finances, c’était grâce à la politique d’emprunts de Necker, que Louis XVI avait pu financer la coûteuse participation de la France à la guerre d’indépendance américaine (Hélas, tous ces emprunts successifs étaient aussi à l’origine de l’énorme de dette de la France, en cette veille de révolution). Necker avait également modernisé l’organisation économique de la France en s’opposant au libéralisme sans retenu de ses prédécesseurs. En effet, tout banquier qu’il fût, Necker ne croyait pas que le libéralisme économique en vogue à l’époque, puisse de lui-même, sans contrôle de l’Etat, créer le bien-être des citoyens. Cette théorie exposée en 1776 par l’économiste Adam Smith dans son ouvrage intitulé "Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations", prétendait établir qu’il existait un processus naturel par lequel la recherche par chacun de son intérêt personnel concourrait à l'intérêt général. Pour décrire d’une façon imagée ce processus, Adam Smith évoquait "la main invisible du marché".

    Afin de justifier son geste auprès du Tiers Etat, le roi prétendra que son ministre aurait fait preuve de "condescendance" en n’ayant pas assisté à la séance royale du 23 juin 1789, des Etats Généraux.

    La politique menée par Necker l’avait rendu très populaire, aussi bien auprès du peuple que de la bourgeoisie. Il avait d’ailleurs été un fort habile communiquant en publiant de nombreux ouvrages qui expliquaient sa politique, et qui le glorifiait par la même. De nombreuses estampes avaient également été imprimés pour glorifier ce ministre hors normes.

L'heureuse administration de M. Necker
Gravure de 1788 (Propagande?)

    Quel dommage que Marie Antoinette n’ait pas été aussi éclairée que l’était son propre frère Joseph II, l’empereur d’Autriche ! Celui-ci conduisit une politique de réformes dans son pays qui inspirèrent par la suite les révolutionnaires français. Désignée sous le nom de joséphisme, cette politique impliquait la subordination totale des affaires sociales à l'administration de l'État, conformément aux principes inspirés des Lumières. Cette politique alla même jusqu’à placer la religion et les Églises sous le contrôle de l’Etat !

  Sans vouloir accabler cette malheureuse, que sa mère Marie Thérèse d’Autriche réprimandait régulièrement dans ses courriers pour sa légèreté, on ne peut que se désoler de la mauvaise influence qu’elle ne cessera jamais d’avoir sur le malheureux Louis XVI.

    La nouvelle du renvoi, connue seulement le lendemain, causera un véritable choc, aussi bien aux députés de l’Assemblée Nationale Constituante, qu’aux parisiens.

 

































A suivre... (Le 12 Juillet 😏 )


Jacques Necker

Louis XVI, le mal conseillé

Marie Antoinette, la mauvaise conseillère

Baron de Breteuil, le très très mauvais conseiller


Cet article a été initialement publié sur ma page Facebook :

"Les estampes révolutionnaires du citoyen Basset"


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Bien cordialement
Bertrand