jeudi 30 juillet 2020

30 juillet 1789 : Besenval aux prises avec la justice populaire, ou pas.

Besenval, le justicier de la Reine (Humour)

Où est passé le Baron de Besenval ?

    Les Parisiens veulent la tête du Baron de Besenval. Rappelons que celui-ci officiait comme lieutenant sous les ordres du vieux du Maréchal de Broglie, qui le 4 juillet avait reçu l’ordre du roi de rassembler ses troupes autour de Paris pour le 13, afin d'y "calmer" l'agitation grandissante. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ladite agitation avait été maladroitement calmée. Relisez l'article du 12 juillet, concernant l'incident des Tuileries.

"L'incident des Tuileries"

    Selon une certaine source, Besenval y avait rassemblé plusieurs escadrons étrangers, sans en avoir reçu la permission, ce qui aurait suscité le mécontentement des Parisiens. Lesdits Parisiens, fort énervés, auraient alors jeté des projectiles sur ces régiments "sagement" stationnés, jusqu’à ce que les Gardes Françaises, ces troupes qui avaient rejoint le camp des Parisiens, joignent leurs forces aux "émeutiers", comme les appelle cette source.

    Une autre version prétend que Besenval, quelque peu en disgrâce de la coterie de la reine, craignait les reproches de la Cour et qu’il aurait donné l’ordre au prince de Lambesc de faire mettre sabre au clair et de charger avec son régiment du royal-allemand pour dégager le jardin des Tuileries et disperser les manifestants. J'imagine difficilement un Lieutenant, fusse-t-il favori de la Reine, donner un tel ordre à un Prince de sans royal.

    A noter que le 14 juillet, les troupes de Besenval, stationnées sur le Champs de Mars, n’intervinrent pas alors que des milliers de Parisiens en armes allaient et venaient dans Paris pour prendre la Bastille. Besenval était-il vexé de la bavure des Tuileries ? Certains disent que ses troupes avaient été achetées…

    Sinon, vous avez aussi la version Wikipédia qui vaut son pesant de Louis d'or et dont je vous laisse juge. Je suis certain que ce favori de la Reine en fera frissonner quelques-uns.


Villenauxe-la-Grande

    Passons. Besenval a été arrêté par les miliciens de Villenauxe-la-Grande, dans l'Aube, alors qu'il fuyait vers la Suisse, son pays d'origine. Comment ont-ils su qui il était ? Cela fait partie des petits mystères sur lesquels les historiens semblent pudiquement glisser de temps en temps. Ce fait sera rapporté dès le lendemain devant l'Assemblée nationale.

Château de Villenauxe-la-Grande

    Les miliciens de cette bonne ville de Villenauxe-la-Grande l'ont donc enfermé à l’hôtel du Cheval Bardé, dans l'intention de le remettre aux émissaires en route depuis Paris pour l'arrêter.

    Surtout ne manquez pas l'article de demain. Car il vous donnera un aperçu de la façon dont on rend la justice entre gens biens, ou pas.

 

Bailly, maire de Paris

Bailly demande un Tribunal Populaire

    Agacé par l'atmosphère vengeresse qui règne à Paris, Bailly, le maire de cette bonne ville va réclamer à l'Assemblée nationale, l'institution d'un tribunal populaire que celle-ci refusera.

    Le 24 octobre 1789, le Roi finira par accorder au Tribunal du Châtelet, présidé par Bailly de juger des crimes de lèse Nation, mais celui-ci ne concernant que les crimes gravissimes, il sera insuffisant pour punir les forfaits du Peuple, bien qu'il y arrivera un peu quand même, en faisant enfermer Marat, par exemple.

    Le 17 août 1792, la Commune de Paris demandera elle aussi la création d’un tribunal, qu’on n’appellera pas encore Tribunal Révolutionnaire, mais Tribunal criminel. Les Girondins empêcheront autant qu’ils le pourront le fonctionnement de ce tribunal. Certains historiens disent que si ce tribunal avait jugé les différents comploteurs et complices de l’étranger, les massacres de septembre dans les prisons, orchestrés par la plèbe parisienne n'auraient peut-être pas eu lieu. Notons que les prisonniers avaient eu la mauvaise idée le 2 septembre 1792 de fêter bruyamment dans leurs prisons, la prise de Verdun par les Prussiens, alors que les Parisiens qui les entendaient chanter avaient leurs fils armés de piques qui pataugeaient dans la boues de l'Argonne face aux Prussiens. Les Girondins obtiendront sa suppression le 29 novembre 1792.

    Ce sera finalement Danton, probablement effrayé par les massacres de septembre et par ce peuple qui demandait toujours plus de têtes, qui parviendra à imposer cette idée d'un Tribunal populaire lorsqu'il instaurera le Tribunal Révolutionnaire avec son jury populaire.

    Le 10 mars 1793, la Convention instituera un Tribunal criminel extraordinaire, plus tard appelé Tribunal révolutionnaire. Le but de cette cour de justice sera de lutter contre « toute entreprise contre-révolutionnaire, tout attentat contre la liberté, tout complot royaliste ». En faisant allusion à la période de troubles et de massacres que vivait alors la France Danton déclara : « Soyons terribles pour dispenser le peuple de l'être »

    Le 1er septembre 1793, Danton proclamera :" Le tribunal révolutionnaire ne travaille pas assez, il n'y a pas assez de têtes qui tombent, Je demande une tête par jour !"... Ambiance...

Danton

Bailly ?

Ah oui, Bailly, nous serons souvent amené à parler de lui et son comparse La Fayette.

    Bailly sera victime d'un Tribunal populaire, pas vraiment comme celui qu'il avait souhaité en 1789. Il sera arrêté en juillet 1793 afin de témoigner au procès de Marie Antoinette. Il voudra témoigner en la faveur de la Reine, ce qui bien sûr causera sa perte. Le Tribunal Révolutionnaire le condamnera à la peine capitale le 10 Novembre 1793 et il sera guillotiné le lendemain sur l’esplanade du Champ-de-Mars, à l’endroit même où les troupes de la Constituante commandée par La Fayette avaient tiré sur les parisiens venus pétitionner pour la destitution du roi, le 17 juillet 1791.

La triste fin de Bailly, premier maire de Paris

Besenval ?

Lisez l'article du 31 juillet 1789 et bientôt celui du 10 août 1789, que je rédige après celui-ci. Vous serez étonnés.

 


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Bertrand