lundi 16 novembre 2020

16 Novembre 1789 : Encart publicitaire pour une estampe de Joseph de Longueil


    Et si nous parlions enfin d’estampes ? Puisqu’à l’origine, c’est la spécialité du citoyen Basset ! Vous allez voir qu'une fois de plus, en tirant le fil, ici un entrefilet dans un journal, nous allons de découvertes en découvertes.

    Histoire de me changer les idées, j’ai parcouru aujourd’hui les colonnes du N°320 du Journal de Paris, en date du 16 Novembre 1789.

    On y parle de choses sérieuses, bien entendu, comme par exemple de la météo, mais aussi de choses plus légères et aussi indispensables à la vie, comme les arts et les spectacles.

    Concernant la météo, vous remarquerez qu’à cette époque, elle était plus précise que de nos jours, car on de disait pas le temps qu’il allait faire, mais le temps qu’il avait fait. Raison pour laquelle en première page on donne le temps qu’il a fait le samedi 14 !

Joseph de Longueil

    Peu avant de lire "une lettre aux Auteurs du Journal", concernant la représentation au Théâtre Français de la Tragédie "Charles IX", de Marie-Joseph Chénier, (dont je vous ai parlé le 19 Août dernier), je suis tombé sur ce qui ressemblait bien à une sorte d’encart publicitaire. Celui-ci concerne la mise en vente d’une nouvelle série de gravures réalisées par Joseph de Longueil, d’après un dessin de Jean-Michel Moreau, dit Moreau le jeune. Son nom me disait quelque chose et j'ai fini par me souvenir que je possédais une belle estampe de ce graveur renommé. Je vais vous la présenter à la fin de cet article. N'hésitez pas à lire la bio de Joseph de Longueil sur Wikipedia, car c’était un homme peu ordinaire (il est mort de chagrin suite au décès de son épouse).


Voici la gravure évoquée par le Journal de Paris, suivie de sa présentation.

Fidélité héroïque à la bataille de Pavie

« Fidélité héroïque à la bataille de Pavie, Estampe gravée par de Longueil, Graveur du Roi, etc, d’après le dessin de J.M. Moreau, le jeune, Dessinateur & Graveur du Cabinet du Roi & de son Académie Royale de Peinture & Sculpture, etc ; dédiée à M. le Marquis de Molac, chef de nom & armes des Grands Sénéchaux, féodés héréditaires en Bretagne, Lieutenant-Général des Armées du Roi ; prix 3 livs A Paris, chez l’Auteur, rue du Coq St-Honoré.

Cette estampe intéressante par le sujet, est composée avec grâce & avec le mouvement qui convient à la scène, par M. Moreau, le jeune ; elle est bien gravée par M. de Longueil. L’un et l’autre Artiste y ont donné des preuves de leurs talents dès longtemps avantageusement connus. On lit au bas le détail suivant :

« Le 24 Février 1525, Jean, le Sénéchal, Seigneur de Molac & de Carcado, Capitaine de cent Hommes d’armes, Gentilhomme de François 1er, voyant qu’un arquebusier était prêt de tirer sur le Roi, se précipita au-devant du coup de feu & lui sauva le vie par le sacrifice de la sienne. »

Lien vers l'article

Une autre estampe de Longueil !

    J'ai le grand plaisir de vous présenter cette autre estampe gravée par Longueil, que j'ai la chance d'avoir chez moi et qui de plus, est en couleur.

    Le sujet choquera certaines âmes sensibles, puisque son titre est "La correction maternelle".

    La gravure est dédiée à Madame la Duchesse de Brancas. On y voit une maman regardant son petit garçon qu'elle s'apprête à corriger après que celui-ci ait renversé le réchaud rempli de braises sur lequel reposait un pot de lait (une vraiment très grosse bêtise !). Elle tient dans sa main gauche un petit fagot de quelques verges, visiblement destiné à fesser l'enfant. Le bambin supplie sa mère. Le regard de celle-ci n'exprimant aucune marque de colère, je ne suis pas certain que le gamin soit puni. On peut voir à côté de la mère et son enfant, une vieille dame filant son rouet.

    Cette gravure est la reproduction d'un tableau peint par Aubry, peintre du roi ; tableau se trouvant dans le cabinet du ministre le Baron de Breteuil. Elle est vendue à Paris chez Marel.

"La correction maternelle" gravée par Longueil


Les armes de la Duchesse

Ecu double timbré d’une couronne de duc posé sur un manteau de pair de France :
A dextre (droite) : D'azur, à un pal d'argent, chargé de trois tours de gueules, et accosté de quatre pattes de lion mouvantes des flancs de l'écu posées en chevron (Brancas) ; 
A senestre (gauche) : D'azur, à trois chevrons d'or, celui du chef brisé (Clermont-Gallerande) »


    Un dernier mot concernant Louise de Clermont-Gallerande, duchesse de Brancas, a qui était dédiée cette gravure. Je vous conseille de lire son intéressante biographie sur la page réalisée par un ou une bibliophile que vous découvrirez en cliquant sur le portrait de la duchesse, ci-dessous : 


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Bien cordialement
Bertrand