mardi 24 novembre 2020

24 Novembre 1789 : Première et "véritable" parution du journal le Moniteur Universel

 

    Ce titre peut paraître quelque peu étrange, mais vous allez en comprendre le pourquoi. Cet événement ne tenant qu’en une ligne dans ma base de données, j’ai cherché à en savoir un peu plus en furetant sur internet et une fois de plus j’ai fait des découvertes étonnantes !


Version officielle "wikipediesque"

    Bien évidemment, je suis immédiatement tombé sur l’inévitable article de Wikipedia. Mais par expérience, j’ai appris à me méfier un peu des versions données par Wikipedia, qui parfois ne coïncident pas avec mes propres sources et qui trop souvent sont de parti pris, surtout pour ce qui concerne la Révolution française. Celui concernant la Gazette nationale ou le Moniteur Universel me semble plutôt complet et je vous invite à le lire : https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Moniteur_universel

    Vous y découvrirez une version officielle de l'histoire de ce journal qui se voulait « journal officiel » et qui le deviendra effectivement à partir du 27 décembre 1799, après que Napoléon Bonaparte ait pris le pouvoir le 15 décembre, qu’il se soit nommé premier consul et qu’il ait supprimé la liberté de la presse.     Le grand homme écrira même des articles dans le Moniteur pour défendre ou expliquer sa politique.


Le créateur du journal

Charles-Joseph Panckoucke

    C’est le libraire Charles-Joseph Panckoucke (fils d'un libraire de Lille), venu s'établir à Paris en 1764 qui eut l’idée de créer ce journal, sur le modèle des gazettes anglaises. Il annonça dans le numéro du 21 Novembre 1789 du Premier Mercure de France, dont il était le propriétaire depuis 1779, la parution prochaine d'un nouveau journal, dans la ligne de la Révolution. Ce journal, allait s'appeler "la Gazette Nationale ou le Moniteur Universel" et il comporterait cinq grandes divisions : l'Assemblée nationale ; la politique intérieure et extérieure ; l'administration ; la littérature, les sciences et arts et les annonces et avis.


Naissance "officielle"

    La Gazette Nationale ou le Moniteur Universel paru donc pour la première fois le 24 novembre 1789 (et non-pas en mai 89) et il commença de retranscrire fidèlement (les prenant en sténo), les débats de l'Assemblée, comme les actes du pouvoir.


Une vocation à l’officialité

    Le propre de ce journal qui avait vraiment vocation à devenir officiel fut de toujours suivre le plus fidèlement possible les courants politiques au pouvoir, qu’ils fussent monarchique, constitutionnel, girondin, jacobin, thermidorien, impérial, etc. Ce qui demande un réel talent, convenons-en.


Où il est question de forgerie

    Néanmoins, j’ai trouvé un autre article très intéressant sur un site perso intitulé « 1789-1815.com ». Je félicite au passage son auteur pour son courage à vouloir couvrir une aussi longue période. Personnellement je projette de ne couvrir que la période révolutionnaire qui s’arrête pour moi en Juillet 1794.

Je vous invite donc à lire l’article consacré au Moniteur en cliquant sur l’image ci-dessous.


    Ce qui a retenu mon attention dans cet article, c’est la mention qu’il fait mention d’une sorte de forgerie (sans employer le mot). La forgerie est un problème bien connu des historiens. Il s’agit, comme l’indique le dictionnaire de « fabriquer, de monter de toutes pièces (une chose imaginaire ou trompeuse) pour les besoins de la cause », c’est-à-dire de commettre un faux.

    Il semble que ce phénomène de forgerie se soit produit pour les numéros du Moniteur couvrant la période allant du 5 mai 1789 (ouverture des Etats généraux), jusqu’au 23 novembre 1789. Ceux-ci ont été créés a posteriori, afin de répondre à la demande des lecteurs qui voulaient constituer une collection complète du journal, retraçant le cours de la Révolution depuis ses débuts.

    C’est l'éditeur Agasse, beau-fils et associé de Panckoucke, qui entreprit de donner une nouvelle édition historique du journal, « officielle » elle aussi, qu’il compléta en la faisant débuter à la date du 5 mai 1789, jour de l'ouverture des Etats Généraux. Il fit donc fabriquer des numéros apocryphes, c’est-à-dire des faux qui n’avaient jamais été publiés auparavant. C’est donc bien un cas de forgerie. Cette nouvelle édition officielle fit même qu’elle prit le dessus sur les premiers numéros originaux qui finirent par disparaître !

    Etonnante histoire ! Mais si vous avez lu mon enquête sur le discours de Robespierre, officiellement dit et officieusement censuré, vous avez vu que les versions sont parfois arrangées, voire forgées.

 

Les vrais et les faux

    C’est dans la bibliothèque digitale de l’université de Floride, aux Etats-Unis, que j’ai trouvé la quasi-intégralité des numéros de la Gazette Nationale ou le Moniteur Universel, y compris les faux !

Je vous laisse les découvrir en cliquant sur l’image ci-dessous :


    Quant au premier numéro, celui du 24 Novembre 1789, vous pouvez y accéder en cliquant sur son image ci-dessous.

Mais ce le vrai ou l’officiel ?... 😉

 


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Bertrand